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Vendredi 13 janvier 2017
LA SORGINA
                                               


C'est une gentille jeune femme, la sorgina, et d'aspect agréable.
Assise à une table dans un restaurant de style douillet, ses yeux fixent les petits personnages qui sautent sur son verre de vin rouge.
Ses cheveux bruns acajou, ses yeux noirs et sa peau dorée lui donnent un certain charme.
Femme-fée ou femme -sorcière ?
Elle semble en pleine réflexion devant les laminaks surgis d'un récit ancien, qui dansent, et dont le cliquetis de leurs griffes sur le cristal vibre dans ses oreilles. Ces petits êtres velus l'amusent et lui font oublier qu'auparavant, ils semaient la terreur la nuit dans les campagnes.
La douceur du lieu amoindrit l'extravagance de cette scène qui semble t-il n'est visible que par elle.
Pour l'instant, la sorgina est incapable de réaliser le fait de se retrouver dans un monde inconnu.
Son visage jadis hideux a disparu pour laisser place à un visage gracieux.
A t-elle aussi perdu ses pouvoirs maléfiques ?
Comment peut-elle retourner dans ses terres de légendes, sa grotte sombre où elle cache tous ses sortilèges ?

Autour d'elle, la salle prend l'aspect d'un endroit iréel, d'un mirage qu'elle ne comprend pas.
Sur le mur, un tableau de Ramiro Arrue représentant la vie quotidienne au pays basque, laisse apparaître une lavandière au bord d'une rivière et le linge qui sèche sur le fil devant une maison aux murs blancs et volets rouges typiques à la région.

Au sommet du verre, ces êtres velus gesticulent, glissent et rampent sur cette surface dure et lisse essayant encore d'attirer l'attention de la sorgina.
Elle se dit qu'elle ne peut plus supporter cette scène étrange et que, malgré son plaisir, elle éprouve de l'angoisse.
Les laminaks eux-aussi sont désorientés par ce monde de couleurs et de lumières. Ils voudraient fuir mais sont prisonniers de ce verre transparent et étincelant.

Pourtant un grand calme règne dans la pièce, un chaud parfum de sérénité flotte, créant une fugitive émotion.
L'arôme du vin rouge vient caresser les narines de la jeune femme qui commence à s'agiter.
Prise de frénésie, elle s'empare du verre qu'elle porte à ses lèvres, et ne cesse de se répéter que ce monde est odieux de l'avoir privée de la magie de ses légendes..........

Le 12/01/2017 © EMC Eguimendia
Posté à 12:35 - 0 commentaire


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