Retour


Jeudi 11 décembre 2014
SAISON D'HIVER


Taire les beaux jours, les souvenirs heureux, les meilleurs moments.

Insensible aux bruits de la ville, à tous ses artifices. Marcher dans la froidure de l’air qui semble vous engourdir.

Les gouttes de pluie transformées en papillons floconneux tourbillonnent. Et se déposent délicatement sur les cheveux, caressent le nez, puis les joues rougies. Pour ensuite s’introduire entre les lèvres endolories.

Un goût d’amertume à peine léger pénètre sa langue.

Alors l’esprit s’éloigne et se laisse envahir de pensées égarées…………

Les pas craquent dans la neige. Ils semblent résonner dans son coeur.

Pourtant son visage s’éclaire d’un sourire. Son âme a rejoint la sérénité.

L’effleurement de toutes ces couleurs clinquantes lui importe peu. Tout celà n’est qu’illusion dans sa paix intérieure…………..

Revenir au temps, où durant cette période, son père l’amenait dans les bois à la recherche du plus beau sapin. Une façon d’honorer Noël !

Marcher à ses côtés, écouter la nature, respirer. Essayer de suivre ses grands pas d’adulte, monter et escalader les côteaux. Entendre son souffle rapide et sentir le froid revigorer le corps.

Avancer dans les broussailles, à travers les ronces.

Et puis enfin avoir les yeux brillants de la joie de la découverte.

Un genévrier, petit arbre de Noël caché dans un bosquet. Ses délicieux arômes musqués titillent les narines, et malgré ses piquants qui blessent les doigts, le bonheur de ce moment partagé reste gravé dans la mémoire………

- Un gros flocon s’acharne sur ses yeux……………

Elle se surprend à penser qu’elle déteste la ville. Cette immensité où règne l’indifférence, elle la subit. Elle l’apprécie néanmoins par nécessité. 

Alors dans sa chambre sous les toits, elle essaie de l’effacer. Elle regarde par la fenêtre  le ciel bleu de l’espoir devenu gris cotonneux.

Elle sait ne pouvoir suivre le mouvement, courir après quelque chose que personne ne peut atteindre.

Elle a déjà lové au creux de son coeur ce petit rien, ce petit brin de vie qui ne se veut pas matérialiste.

ll n’est pas d’ici. Il est d’ailleurs…………..

C’est son père qui lui a fait entrevoir lorsqu’elle était enfant. Elle l’avait presque oublié !

Et aujourd’hui au milieu de l’euphorie des fêtes, ses yeux voient.

Qu’importe ces instants de joie factices. Son plaisir est dans l’intemporel.

L’enchantement renaît d’un éclat de regard croisé dans la rue, d’une voix, d’une odeur. Dans le sourire émerveillé d’un enfant devant les vitrines décorées.

Et pourtant, dans le regard de l’enfant, on perçoit une étincelle de tristesse qui laisse deviner le conflit de la richesse et de la pauvreté.

Ses paupières se ferment sur cette détresse qu’elle ne peut empêcher……………….

Les flocons s’attardent sur son corps qui a froid, et qui tremble de la fièvre de ce que lui offre ce monde.

Ses pas dérapent sur la chaussée glissante.

Elle voudrait courir se réfugier dans sa petite chambre, dans les jours heureux du passé, et retrouver le temps de l’innocence.

Elle voudrait s’endormir dans cette neige immaculée…………

Elle glisse sur les pavés enneigés………..se mord les lèvres, et dans le froid……….elle se souvient………..

Un petit sourire apparaît………

Elle sait qu’elle a déjà quitté ce monde qui n’est plus le sien.

© Marie-Claude EGUIMENDIA                 le 11 Décembre 2014
Posté à 23:35 - 0 commentaire


Ajouter un commentaire


Votre commentaire sera validé après vérification.

Les champs en gras seront visibles sur mon site

Prénom ou Pseudo (*)
Email (*) 
Site web : http:// 
Message  (*) 
Adresse IP : 54.81.76.247
(*) champs obligatoires

 
Article précédent
LE QUOTIDIEN  
Article suivant
LE CHIEN AUX YEUX DE BRAISE